samedi 3 décembre 2022

Entretien avec Katya Gritseva


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Pouvez-vous nous parler un peu de vous ? Qui êtes-vous ? Où vivez-vous actuellement ? Et je crois que vous avez été déplacée – alors où avez-vous vécu au cours de l’année écoulée ?
Je suis née dans une famille d’ouvriers d’une usine métallurgique de Marioupol. Ma famille est restée dans le territoire occupé, bien que notre maison ait brûlé dans les premiers jours de la guerre. Ces cinq dernières années, j’ai vécu et étudié à Kharkiv en tant qu’illustratrice de livres. Mais lorsque la guerre a commencé, rentrer dans le Donbass était encore plus dangereux que de rester à Kharkiv et ensuite j’ai dû déménager à Lviv avec d’autres étudiants. Nous vivions alors dans un dortoir de l’académie d’art de Lviv et nous avons eu la chance que l’administration de l’académie de Lviv nous permette d’y vivre. Mais quelques mois plus tard, nous avons tous été expulsés littéralement en un jour et avons eu besoin de temps pour trouver de l’argent afin de pouvoir nous permettre de nous loger ailleurs. Le marché du logement en Ukraine occidentale est devenu terrible, car les propriétaires exigent des prix de location exorbitants. J’ai décidé de rester à Lviv avec mon camarade et partenaire.
Maintenant, avec lui, nous commençons à faire revivre le syndicat étudiant de gauche Пряма дія (Action directe). En résumé, je peux dire de moi que je suis une graphiste, une poète, une socialiste, une étudiante militante et une femme qui prend des risques.

vendredi 2 décembre 2022

Ukraine : Rassemblement dimanche 4 décembre (Bellecour) et Exposition de Katya Gritseva

Communiqué de presse (29/11/2022)

Initiatives en soutien au peuple ukrainien

Salle bondée, visiteurs observant avec attention les travaux artistiques exposés, public attentif aux interventions orales, en particulier celles de l’artiste, musique et chants, discussions multiples débordant sur le trottoir… Ce fut au final une soirée militante et chaleureuse en défense de l’Ukraine qui, le samedi 26 novembre, – dans le café fédératif Les Clameurs - 23, rue d’Aguesseau, Lyon 7e - fut consacrée à la jeune artiste et graphiste ukrainienne Katya Gritseva. 

Incontestablement d’une grande fraîcheur et d’une grande qualité, les œuvres de Katya Gritseva s’appuient sur l’héritage de ce que fut le le futurisme et le Bauhaus, mais en renouvelant, de manière très personnelle, ces courants majeurs de l’art du XXe siècle.

 

lundi 21 novembre 2022

Ukraine Mobilisation étudiante à Lviv

 

Le samedi 12 novembre, une manifestation étudiante contre la fermeture de l'Académie de l’imprimerie a eu lieu à Lviv.

Le ministère de l'Éducation et des Sciences de l'Ukraine a préparé une ordonnance non motivée sur le devenir de l'Académie ukrainienne de l’imprimerie à l'Université nationale Ivan Franko Lviv sans notification ni accord avec les étudiants et le personnel de l'académie. Prendre une telle décision au milieu de l'année académique ne contribuera pas à la formation de qualité du personnel pour les domaines concernés pendant la loi martiale et, sans aucun doute, provoquera l'opposition des étudiants et du personnel de l'académie.

Il s'agit d'une politique délibérée visant à détruire l'éducation ukrainienne. Ainsi, en mai 2021, le conseil d'administration d'une des structures de la Banque mondiale a approuvé un prêt d'un montant de 200 millions de dollars pour l'audit des universités ukrainiennes en vue de leur fusion ou de leur fermeture. La réforme concerne les 150 plus grandes universités d'État. Selon le plan du ministère ukrainien de l'éducation et des sciences, il ne devrait pas rester plus de 80 établissements d'enseignement supérieur.

L'Académie d'imprimerie de Lviv n'est pas la première victime de cette réforme. En décembre dernier, nous avions informé de la manifestation des étudiants et enseignants de l'Université nationale de construction et d'architecture de Kharkiv contre la fermeture de leur université.

 

mardi 8 novembre 2022

Sauver Maksym Butkevych : il y a urgence !

 

Il arrive qu’une cause soit en même temps d’une urgence vitale immédiate pour une personne et qu’elle représente toute une situation politique et toute une histoire, tout le combat de la vérité humaine contre le mensonge déconcertant. C’est le cas de Maksym Butkevych.

Maksym Butkevych est aujourd’hui un prisonnier de l’armée russe, sans doute quelque part dans l’oblast de Louhansk occupé. Prisonnier de guerre, donc, mais en même temps menacé depuis sa capture, le 24 juin, d’être victime d’un procès stalinien en 2022, un procès stalinien si typique du poutinisme, de ce que les Ukrainiens appellent aujourd’hui le « rashisme ». Car sitôt prisonnier, ils l’ont exhibé sur une vidéo – il ne dit rien – en le présentant comme un « nazi », de l’espèce la plus redoutable. Fin août, nous l’avons revu dans une autre vidéo de propagande, parmi d’autres prisonniers auxquels on « permet » de téléphoner chez eux, sous la caméra russe. Il fait partie de ceux qui ne disent rien, ne font rien – ses cheveux ont blanchi en un mois et demi. Mais on pouvait supposer qu’au moins, cette vidéo indiquait qu’il était considéré comme un prisonnier de guerre, ce qu’il est, et non comme un « nazi » très dangereux. Depuis, cependant, il semble que les forces d’occupation pensent toujours à monter un "procès".

samedi 10 septembre 2022

"L'école du futur" de Macron et le "modèle suédois"

 

En juillet 2017, Emmanuel Macron déclarait : "J'ai toujours considéré qu'il y avait dans ce que certains on pu appeler le modèle suédois une véritable source d'inspiration à plusieurs égards". 

Macron recevait alors le Premier ministre suédois et il engageait sa réforme du marché du travail.Il entend aujourd'hui, finir le travail....

L'article suivant publié par Le Monde présente ce qu'il en est du modèle suédois. Une mise en  perspective de "l'école du futur" de Macron.


L’école suédoise, dégradée par une logique de marché, est devenue un contre-modèle

Le système scolaire du pays scandinave, longtemps très estimé, s’est affaibli à mesure que l’enseignement privé prenait du poids et s’autonomisait. Les inégalités se sont creusées, et l’enseignement public est fui.

Analyse. L’école suédoise va mal. Avant des élections législatives prévues dimanche 11 septembre, les leaders politiques ont beau s’opposer sur les solutions, ils font tous le même constat. Chaque année, 16 000 élèves quittent le collège sans pouvoir entrer au lycée. Les différences de niveau entre les établissements ne cessent de croître. Partout, les enseignants qualifiés manquent à l’appel.

vendredi 5 août 2022

La "refondation" de l'école avec Macron-Pap Ndiay - Avec quels résultats en Belgique et le Quebec ?

 Le ministre Pap Ndiay a indiqué qu'il allait mettre en œuvre le plan de "refondation" de l'école de Macron.

Voir l’article sur le site Emancipation69 :  POUR LE RETRAIT DES PROJETS MACRON CONTRE L’ÉCOLE

 

Des réformes similaires ont déjà été mise en œuvre notamment en Belgique et au  Québec

Ci-dessous des articles qui font part des résultats dans ces deux pays. Tout y est : "contrats d'objectifs", "évaluation" permanente des enseignants, des établissements, "pilotage selon les résultats", divisions entre les enseignantsL...

 

dimanche 8 mai 2022

Documents à lire – Solidarité Ukraine – Bulletins produits par les éditions Syllepse


Les éditions Syllepse publient depuis le début du mois de mars des bulletins gratuits composés de déclarations et de documents sur la situation liée à la guerre, en Ukraine et en Russie mettant en avant aussi bien le point de vue d’organisations sociales ou syndicales que des analyses et prises de position, en soutien à la lutte du peuple ukrainien contre l’agression impérialiste russe et aux mouvements contre la guerre en Russie et en Belarus.

 

Voir les bulletins en PDF ci-après : 

lundi 25 avril 2022

"Grand corps Macron" : un peu d'humour

 

Grand Corps Macron - L'allocution


Pour surmonter cette sinistre élection, un peu d'humour...

Françaises, Français, chers gaulois réfractaires

Voici une nouvelle allocution en pleine crise sanitaire

C’est la neuvième fois en deux ans que je prends la parole

Sans que me soit décompté le moindre temps de parole

 

Je me suis dit que ça vous plairait d’avoir un président qui slame

C’est vrai que ça change de tous ces gens qui parlent que d’islam

Mon flow à moi est sans égal, avoue tu kiffes mon son

Mais c’est fini Grand Corps Malade, maintenant c’est Grand Corps Macron

 

Si j’ai la voix grave croyez pas que c’est que j’ai trouvé du bon shit

Pour vous dire la vérité c’est juste que je sors d’une bronchite

Ouais j’ai mué, les temps ont bien changé

Depuis l’époque où je criais comme un ado « c’est mon projet »


T’as cru que c’était la teuf ?

Eh, c’est la pandémie, gros

Alors que le variant Omicron sévit pendant moi je me mets au micro

Pour vous dire de vous vacciner une troisième injection s’impose

Pour vous sauver désormais je vois la vie en dose

jeudi 31 mars 2022

Adresse du président du Congrès biélorusse des syndicats démocratiques : "La guerre de la Russie en Ukraine n'est pas notre guerre"."Nous devons l'arrêter"

En Biélorussie, "97 %, ne veulent pas que la Biélorussie participe à la guerre en Ukraine !"

Début mars, le Congrès des Syndicats Démocratiques (BKDP) demandait "la cessation immédiate des hostilités et le retrait des troupes russes de l'Ukraine, ainsi que de la Biélorussie". Le réseau ferré biélorusse a fait l’objet de sabotages, en vue d'entraver les  acheminements de l’armée russe dans la région.*

Minsk, 29 mars 2022

Alexandre Yarashuk : La guerre de la Russie en Ukraine n'est pas notre guerre.

Nous pouvons l'arrêter, nous devons l'arrêter !

Chers compatriotes, chers travailleurs, travailleuses !

La guerre de la Russie contre l'Ukraine dure depuis plus d'un mois. Dès le début de la guerre, la Biélorussie s'est rangée du côté de la Russie. Ses troupes entrent en Ukraine depuis notre territoire, des roquettes sont lancées, des avions décollent. Et plus la Biélorussie s'implique dans la guerre, plus sa participation à l'agression détruit des infrastructures, des logements, tue des civils ukrainiens, des femmes, des personnes âgées et des enfants, plus les sanctions de la communauté internationale s'alourdissent à son encontre.

Nous commençons à ressentir leurs effets. Les prix augmentent, les entreprises se ferment ou recourent au temps partiel et les problèmes de salaires commencent. Les turbulences ont déjà affecté des entreprises stratégiques telles que MZKT, les raffineries de pétrole et Belaruskali. Pour la première fois depuis de nombreuses années, Belaruskali a été contraint de contracter un emprunt bancaire pour payer les salaires de ses employés.

Mais ce n'est que le début. La détermination de la communauté internationale à punir les responsables de la guerre et l'ampleur des sanctions sont telles que dans quelques années il ne restera plus grand-chose de l'économie moderne du pays. La Biélorussie n'a jamais été confrontée à un tel défi dans son histoire.

Le pays se dégradera progressivement jusqu'au niveau technique et technologique de l'économie du milieu du siècle dernier. La dégradation s'accompagnera d'un chômage endémique, de salaires extrêmement bas, de la pauvreté et de l'existence misérable de la population.

De plus, la Biélorussie, avec la Russie en tant qu'agresseur militaire, devra payer des réparations de plusieurs milliards de dollars à l'Ukraine pour les énormes dommages causés par la guerre. Tout comme l'Allemagne nazie a payé des réparations à l'Union soviétique après la Seconde Guerre mondiale. C’est comme cela que sont apparues à Minsk les usines de MAZ, MTZ, Motovelo et d'autres.

Ainsi, la Biélorussie paiera, en gageant son propre avenir, l'aventure d’avoir participé à la guerre contre l'Ukraine. Pour les années à venir, le pays a mis en jeu son existence en tant qu'État indépendant et souverain, et sa population sera au bord de la survie physique.

Peu de pays dans le monde ont connu dans leur histoire des guerres aussi meurtrières que nous. Nous devons tout faire pour retrouver une bonne réputation, pour que la Biélorussie ne soit jamais considérée comme un agresseur militaire. Et qui d’autres que nous le fera ? Le nom de notre pays, les noms de nos villages et de nos villes ne doivent pas incarner la menace et le danger pour le peuple de l'Ukraine voisine, fraternelle pour nous. Ne doivent pas incarner la mort.

mardi 15 mars 2022

En Russie : protestations contre la guerre de Poutine en Ukraine

 « Ne croyez pas la propagande. Ici, ils vous mentent.»  signé « Les Russes contre la guerre ».

Une employée de la chaîne de télévision publique russe Pervy Kanal (Première Chaîne) a interrompu le principal programme d’information de la chaîne (Vremia) avec une protestation extraordinaire contre l’invasion de l’Ukraine par Vladimir Poutine.

Marina Ovsyannikova, rédactrice à Pervy Kanal, a fait irruption sur le plateau de la diffusion en direct du journal télévisé de la nuit, lundi soir 14 mars, en criant: «Arrêtez la guerre. Non à la guerre.»

Elle tenait également une pancarte disant: « Ne croyez pas la propagande. Ici, ils vous mentent.» Elle était signée en anglais: «Les Russes contre la guerre ».

mercredi 2 mars 2022

Marche à la privatisation de la Sécu : Accord sur la protection complémentaire et avenir de la MGEN ?

Le 26 janvier, après un an de discussions, les syndicats de la Fonction publique d’État ont signé, à l’unanimité, l’accord interministériel du gouvernement.

Une offensive largement préparée, y compris par la direction de la MGEN :

Depuis six mois, la Mutuelle Générale de l’Éducation Nationale (MGEN) d’Indre-et-Loire n’a plus de direction et la grogne monte chez les salariés. La désorganisation touche désormais également les usagers qui voient le traitement de certains dossiers traîner en longueur. En réalité, loin d’être passagère et purement tourangelle, la crise actuelle dévoile les mutations profondes du secteur de l’assurance mutualiste et plus encore, elle est le produit du virage libéral imposé par les gouvernements depuis la présidence Sarkozy et qu’Emmanuel Macron n’a fait qu’accélérer.

Un article, bien documenté, paru en Indre-et-Loire, revient sur les restructurations subies à la MGEN et fait un état des lieux à lire ICI :

Que se passe-t-il à la MGEN ?


mardi 1 mars 2022

Élèves non francophones : vous avez dit « inclusion » ?

 

 Des enseignants de Seine-Saint-Denis en charge d’élèves allophones alertent sur les ratés des dispositifs d’inclusion mis en place depuis dix ans.

 Tribune parue dans Le Monde de l’Éducation, 1er mars 2022

Tribune. Nous enseignons dans le second degré en Seine-Saint-Denis en UPE2A [unités pédagogiques pour élèves allophones arrivants], ces dispositifs qui accueillent les élèves non francophones. À l’heure où l’inclusion scolaire fait débat, nous souhaitons témoigner sur l’évolution de la scolarisation de ces élèves depuis dix ans.

Élèves non francophones : vous avez dit « inclusion » ?